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L'Agrithéâtre,

L'Agrithéâtre,

le lieu culturel qui se construit avec ceux qui sont là


Chroniques de lectures peu recommandables

Publié par Agrithéâtre sur 23 Décembre 2019, 09:39am

Depuis deux siècles, le théâtre de création, voire d’avant‑garde, est confronté de manière insistante et paradoxale à l’impossibilité même de sa représentation. Il y a là assurément le signe d’une crise , ou d’une série de crises, qui font désormais partie de l’histoire du théâtre, et qu’il convient de penser comme un tout.

 

xL’impossible est ce à quoi nous n’accédons qu’en acceptant la disparition de l’utile, du réel, de la science. L’impossible se situe du côté du plaisir violent, de l’horreur et de la mort. De même le théâtre : « seul ce qui est insoutenable, écrivait Ionesco dans Notes et contre-notes, est profondément tragique, profondément comique, essentiellement théâtre ».

Georges Bataille

Ainsi va t il de la lecture, elle nous amène des réponses à des questions que nous ne nous posons pas, ou plutôt dont  nous ne savons pas qu'elles se posent. L'insoutenable est tragique et par là complètement théâtral. Et peut on se poser dès lors la question à laquelle répond Bataille, l'insoutenable tragique est il l'essence du théâtre. 

Je m'amuse à  poser ( voire répondre à ) cette question dans les premières minutes du quantique quand la prostituée affirme que la réplique qui est drôle, au théâtre, et qui fait rire, c'est "ciel ! mon mari". 

xL’impossible, au théâtre, est relatif à un public, avec ses habitudes, et à l’Histoire, avec ses conditions. Ce qui est théâtralement impossible à un instant donné ne l’est que parce qu’en rupture profonde à un état du théâtre : avec l’état du techniquement faisable, ou de la difficulté maximale  tolérable, ou du socialement recevable, ou du politiquement acceptable .

Comme art, le théâtre suit l'éthique sociale et ses métamorphoses. Et n'est il pas de son devoir non de suivre la mode qui découle des métamorphose du socius, mais d'en être l'avant garde, au risque de se perdre. Séduire et se taire, prophétiser mais déplaire, l'oubli ou l'éternité, l'intérêt carriériste ou l'audace  artistique. Depuis le prologue du Faust de Goethe, l'argent reste au théâtre le maître mot car il faut plaire pour que le public paye. Cela me ramène à Mayerhold, payer de sa poche pour faire le théâtre que tu veux, ou faire payer les gens pour le théâtre qu'ils veulent. 

Le théâtre n'est il pas devenu l'art de l'impossible ? Tout simplement .

Voilà qui serait insoutenable.

 

Benjamin S

 

in  Impossibles Théâtres XIXe-XXe siècles

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