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L'Agrithéâtre,

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le lieu culturel qui se construit avec ceux qui sont là


Jours passés d’un avenir proche pourrait être le titre.

Publié par Agrithéâtre sur 3 Mai 2022, 14:02pm

Jours passés d’un avenir proche pourrait être le titre.
Jours passés d’un avenir proche pourrait être le titre.

Le théâtre est un creuset de forces, s’y jouent les mouvements d’une hantolologie complexe. La hantologie, c’est ce « concept » de Jacques Derrida, où se joue le rapport à l'autre, l'autre d'un autre temps, en tant qu'il n'est pas présent, mais ne cesse de revenir. Il y va de l'esprit en tant qu'il parle. Chaque fois, c'est un événement. Quelque chose apparaît, avec plus ou moins de force, suivant la qualité du moment, la sacralisation de l’instant , la qualité de la voix. Il n’y a théâtre qu’à cette condition, et à moins, nous sommes dans le divertissement, qui est comme le dit Pascal une fuite de notre tragique condition.

Pour moi donc, il n’y a de théâtre que tragique, mais là n’est pas exactement mon propos. Je peux accepter la comédie, car le rire est aussi, comme nous l’indique Rabelais, une possibilité de la critique. Et la critique est nécessaire à la société. Rester dans le tragique est difficile, et demande une véritable ascèse artistique en quelque sorte.

Ce que je tiens à préciser, c’est cette convocation que provoque la parole. Dès lors ne faudrait il pas parler d’hypostase, d’une sorte de sédiment vibratoire. Un passage de l’écriture à la parole qui fait surgir les fantômes qui vont hanter la scène.

L’écriture contemporaine procède du même principe, ce n’est pas parce que l’auteur est mort que les fantômes surgissent. Ils surgissent par la voix, hypostasient l’écriture, et le personnage se révèle d’ une traversée de l’acteur. L’acteur est traversé par le texte, il s’agit dès lors de transe. Ne parle t on pas d’un « acteur habité par son rôle », et je dirai dès lors « hypostasié ou hanté » par le rôle.

En ce sens le cinéma n’a déjà plus l’essence du tragique, il reste une grimace, certes géniale par le médium lui même, mais une grimace quand même. Grimace du tragique, de ce qu’il en reste parce que le cinéma est un retour absolu à l’écriture. Ecriture de l’image et du son enregistrés, l’enregistrement étant bien sûr une écriture, ou plutôt une imitation.

C’est dans ce sens que le spectacle conçu cette année, après de multiples détours dans le travail, fait apparaître des fantômes, à la fois d’un passé proche mais aussi d’un futur destiné à devenir passé. « Days of a futur past », est d’ailleurs un titre de film, et notre travail tient de cette entorse temporelle.

Alceste et Jeanne sont des fantômes d’un avenir proche, échappés de l’acte théâtral lui même en tant qu’Hantologie. Jours passés d’un avenir proche pourrait être le titre.

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