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L'Agrithéâtre,

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le lieu culturel qui se construit avec ceux qui sont là


Chroniques de lectures peu recommandables 11 : Derrida foi et savoir

Publié par Agrithéâtre sur 17 Juin 2023, 09:15am

 

La lecture de Derrida est, parait il, difficile. Sa pensée empreinte de chemins qui ne sont pas donnés d’entrée de jeu, demandent l’acceptation d’une argumentation dont la logique est inhabituelle, et qui passe par ces sentiers qui semblent détournés, et que je dirais « pas toujours empruntés », qui font la qualité de la pensée Deridienne.

C’est ainsi, que dans « Foi et savoir » il nous conduit sur le chemin de la religion. Partant d’un point de vue étymologique par le biais de Benvéniste, il nous amène à ce qu’il nomme la mondialatinisation, à savoir que le terme latin de « religio » a conquit linguistiquement la planête. Il va ensuite nous démontrer, il s’agit bien de cela, démontrer, que la religion s’est faite complice des   télé – techno sciences, produisant une sorte de monstre qu’il nomme « auto - immun ».

Ceci est bien plus précis, plus intelligemment débusqué que d’affirmer comme on le fait souvent que la science est devenu une religion. Non. Mais la science , sous le dessein de protection, de préservation du vivant, attaque ses propres défenses, se comportant comme un pharmakon en quelque sorte, thème cher à Derrida, à savoir que remède et poison en grec se nomment du même vocable pharmakon. Sous la raison de se protéger, de rester purs, préservés, vierges, immunis", la science va son train de mort. Extraordinaire aporie, oxymore, produit par le capitalisme, nous dit le philosophe, et si la religion s’indigne de la chose, ce n’est pas faute de s’être alliée avec la bête immonde.

L’islamisme par exemple attaque la mondialatinisation du « religio », qui s'allie avec lla télé - techno science  et Derrida pousse sa démonstration jusqu’à nous monter que la mécanisation où nous engage la télé technoscience, trouve sa source dans l’érection du pénis, comme automatisme non contrôlée par la volonté. Il rejoint ainsi le « phallique » cher à Jacques Lacan,  d’où les productions  « phalliques » dans tous les domaines ( de l’architecture à tous les arts ) . C’est à ces productions que s’en prend l’islamisme, tandis que lui-même produit un asservissement des femmes, et des actes d’extrême violence, dans cette auto immunité exposée plus haut. Le wokisme aussi fait parti de cette réaction auto immune, et toute ces réactions peuvent tendre vers des idéologies, et finissent par alimenter l'objet même de leur combat.

Il est à parier que les productions scientifiques contemporaines depuis Hiroshima, et la Shoa, indiquent une dérive de la  pulsion de mort, sous le masque de la volonté de puissance telle que l’une ne peut se distinguer de l’autre et sont du coup les « mêmes ».  Une destruction est à l’œuvre, elle est semble t elle liée à notre nature, et nos résistances à cette destinée ( Voir chronique 9 sur Léo Strauss ) ne sont que de nouvelles forces de destruction à l’œuvre. L’analyse que propose Derrida est littéralement géniale, et à tel point saisissante que je ne suis pas surpris que ce philosophe ait fait l’objet d’un rejet de la part de l’institution Française, et qu’il ait pu mener son œuvre dans le pays même, les USA, dont il dénoue les productions de contradictions, car du haut de ses « lumières » la France chrétienne ne peut accepter que Dieu s’allie ainsi impunément avec le diable, bien que leur alliance soit une vieille histoire qui a servit les intérêts de l’église.

Quand nous parlons de changement de paradigme, nous sentons bien que quelque chose ne va pas dans notre monde. Le fameux malaise dans la civilisation de Freud. La religion doit relier et soigner. La science quant à elle divise et veut préserver, nous garder immun, purs. Les antibiotiques par exemple sur la durée ont  modifié nos capacités à se défendre, jusqu'à nous affaiblir.. La science soigne, mais  blesse et dès lors veut soigner. Elle s'oppose au religio, qui soigne, mais exige la foi. La science a le savoir, et nous demande de croire. C'est de ce dilemme nous dit le philosophe que nous souffrons, mas l'affaire de la réaction du religio n'est pas finit.  Et ne peut qu'être violente. 

 

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