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L'Agrithéâtre,

L'Agrithéâtre,

le lieu culturel qui se construit avec ceux qui sont là


Représenter l'irreprésentable

Publié par Agrithéâtre sur 4 Mai 2018, 08:33am

La première critique faite est celle qui s’adresse à l’irreprésentable comme représenté et qui dit « non, pas ça c’est trop ». Le « Artaud » que nous avons représenté, était bien évidemment l’irreprésenté d’Artaud et de son internement mais qui plus est l’irreprésentable d’une chose dont nous n’avons qu’une idée. Ce type de spectacle, est inacceptable par celui qui ne désire pas se poser la question de l’irreprésentable, puisque si le théâtre doit mettre en images nos rêves, le conformiste dit « je ne vais pas au théâtre pour voir du cauchemar », excluant dès lors le cauchemar du rêve . Car notre monde n’est pas un rêve , mais une description vague enfermée dans le langage qui le nomme réalité de cette dimension cachée du monde, à savoir le réel.

« La cravate bleue » avait pour originalité théâtrale, de pousser l’art dans ses limites, métaphorique et réalistes, et peut être de les avoir franchies. Et c’était le projet même d’Artaud. Ce qui me désole chez mon semblable, c’est sa capacité à réduire la vie, sa vie, à des normes de jouissance au delà desquelles il juge, et c’est le propre du conformiste, que l’autre est fou.

La cravate bleue posait bien la question poétique de la limite, que la psychiatrie réduit à la frontière entre psychose et névrose, sachant que nous sommes des structure névrotiques par essence et comment peut il en être autrement, puisque c’est une production sociale.

Irreprésenter serait dès lors la mission d’un théâtre à venir, un théâtre de l’invisible, celui qu’Artaud nous a fait approcher dans ce travail d’atelier dont je n’ai été que le médium, blessé par l’incompréhension d’ acteurs parfois trop innocents.

 

Nous sommes complices de cet état culturel qui fait du théâtre une production chiffrée et comptable du succès, et non l’ouverture vers d’autre possibles d’un pensée originale. Heiner Muller disait qu’il n’était content que lorsque les spectateurs étaient mal à l’aise et ressentaient leur solitude au sortir d’une représentation. Cette position certes excessive, reste juste, car ce que le théâtre doit mettre en marche c’est l’émotion et la pensée, à l’encontre des représentations d’une culture publicitaire ou encore convenue et rassurante de nos soumissions sociales. La mission du théâtre et de la culture en général est d’affûter nos esprits critiques et non de nous conforter dans un « commun » léthargique. L’applaudissement libère et rassure, mais à quoi applaudit on ?

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