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L'Agrithéâtre,

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le lieu culturel qui se construit avec ceux qui sont là


Chronique de lectures peu recommandables 6 - Lèo Strauss

Publié par Agrithéâtre sur 1 Avril 2022, 08:07am

Se laisse entendre aujourd’hui, une critique de plus en plus culpabilisante de l’occident, un occident chrétien colonisatieur, imposant des valeurs démocratiques et une « néo philosophie » des droits de l’homme. Cette critique est proférée par des intellectuels, qui semble pour certains se réveiller d’un rêve d’ivrogne. D’autre, comme Achile M’menbé et son concept de politique de l’inimitié, sont plus au fait des choses, car ils sont originaires de pays colonisés, et directement concernés.

Cette critique de la pensée occidentale, déjà très entamée par des philosophes comme Jacques Derrida, et poursuivie par quelques disciples, est une chose nécessaire car les directions occidentalocentrées commencent à être à bout de souffle, et la guerre que la Russie entame semble être un des symptômes de cette « haine de l’occident ».

La maîtrise de la nature proférée par Descartes, et d’autres, cette certitude chrétienne de valeurs dites universelles, ont conduit l’humanité au point de détruire plus vite que prévu une stabilité du monde qui n’est qu’un fantasme. Il n’y a d’éternité que celle du provisoire, et l’attitude concernant à continuer un schéma dit « durable », sans revisiter des fondements philosophiques de l’humanité et le bien fondé de notre production ( d’objets, de biens, de services), semble encore être d’un ordre déraisonnable. La raison est pourtant ce qui semble faire tourner le monde, et si c’était le cas nous serions au courant.

 Chronique de lectures peu recommandables 6 - Lèo Strauss

Non les Russes ne sont pas occidentaux, pas plus que les Chinois, ou les sud Américains. Tout ces continents, ces peuples ont des langues, des pensées qui sont "géographiques", et pourtant ils sont regroupés sous une même chose : leurs besoins. Mais ces besoins vitaux ont été pervertis par cette gouvernance Cartésienne de la nature. Descartes pensait, alors qu’il n’y avait que quelques millions d’êtres sur terre. Les terres inconnues étaient immenses, et notre savoir petit, simple, et écrasé par du religieux, ces prêtres que Nietzsche fustige.

Aujourd’hui on ne peut « savoir », on est « informé », on est informé par des spécialistes, soit des gens qui analysent, avec des techniques validées par l’université, des phénomènes complexes, en en simplifiant les termes par des classements dans des « spécialités » ( sociologie, politique, anthropologie, psycologie, ,  etc…) Donc des gens coupés d’un ensemble, plus vaste, plus étrange, plus inquiétant comme disait Freud.

Il me semble aujourd’hui que seul l’art, et les artistes, ces gens égoïstes dotés d’un ego énorme, d’un éros étrangement cosmique, peuvent s’employer à sortir le siècle de l’ornière. Il faut une renaissance de l’imagination. Et je vois mal comment la science, magnifique création humaine au demeurant, pourrait résoudre des questions radicalement transcendantes par des méthodes aussi immanentes et dépourvues de fantaisie. Celle des mathématiques, qui sont aussi un espace poétique, ne doit pas asséner leur dérives comme des  vérités apodictiques.

Nous sommes advenus à une époque d’où les certitudes dogmatiques des gouvernances sont suspectes voire  absurdes. Ne reste plus que le libéralisme, conduit par des principes de management qui, notre président en fait les frais en ce moment, ne conduisent qu’à des pratiques  techniques dont l’individu et le peuple sont totalement tenus à l’écart, d’où la complexité des actes démocratiques, et l’émergence d’oligarchies totalitaires.

Tout ceci est en jeu depuis très longtemps, mais nos cultures ont privilégié des enseignements et des administrations afin que le peuple soit protégé du fait même de penser, de se penser en tant que peuple, avec certes l’angoisse inhérente à la chose, mais aussi le confort d’être acteur de son existence, et non la victime d’un abattoir nourrissant la certitudes de générations dont la désillusion finale est stupidement cruelle.

La lecture qui m’amène à ces pensées est celle de Léo Strauss, philosophe. Dès l’instant où il énonce l’acte de penser comme soumis à l’histoire, on ne pense pas Au XVIII° siècle comme au XXI°. Et on ne peut penser le XXI° comme le XX°. Le basculement du monde actuel, n’a que peu de points communs avec la deuxième guerre mondiale. Quelle peut être l’attitude du philosophe aujourd’hui. Elle ne peut être qu’hors concepts, dans des zones d’imaginaire inouies.

« Une double tâche se propose à la philosophie : relier l'épistémologie, qui est la critique des sciences, à une philosophie de la nature, qui a manqué, de façon évidente, à la phénoménologie comme au néo-positivisme ; rattacher, par ailleurs, une éthique de la responsabilité à une métaphysique de la vie et à une philosophie de l'histoire, comme Hans Jonas en a montré la voie. Ce sont des tâches dont la réalisation pourrait chasser le spectre du relativisme, qui règne actuellement sur notre façon d'aborder toutes les cultures, et d'abord la culture occidentale » Tobie NATHAN

Ceci est une voie, il y en a d’autres. Toute vérité n’est qu’un leurre. Nous nous sommes condamnés au pragmatisme, par manque d’imagination, et à vouloir une sécurité globale d’un univers qui n’en connait pas le nom.

Il semblerait qu’aujourd’hui, ce que nous appelons « fascismes », ne sont que les échos d’une gouvernance hyper techniciste à venir, en cours d’élaboration, mais beaucoup plus radicale que celle déjà à l'oeuvre du néo libéralisme depuis Thatcher. Au point de perdre le sens même de l’humanité. On pourrait presque affirmer, que ces techno fascismes vont assurer  une sorte d’eugénisme, engageant une séparation de l’humanité en deux classes uniques, une élite d’idéologues jouisseurs milliardaires, sorte de guerriers victorieux face aux divers projets de collectifs humains et leurs utopies molles, et le peuple dont la misère est gérée sur un minimum supportable, privé de son 'plus de jouir', mais avec un sentiment absolument accepté de sa soumission. Il ne s’agit néanmoins de rien d’autre que le  projet Nazi totalement accomplit planétairement.

Et l’actuelle atomisation de la société n’est rien de moins que l’antichambre de ce projet. Internet permet l'impression  de liberté et d’expression, qui ne sert qu’à  collecter des datas que l’IA traitera de façon à vider toute pensée collective, humaniste et créative, aux fins du dit projet. Cet « élevage du parc humain » n’est pas suffisant comme vision. Il s’agit d’une « bestialisation de l’humanité » au profit de cette aristocratie d’élites. Le rééquilibrage géopolitique et bioénergétique est en cours et vient de se déclencher avec la guerre en Ukraine. Il est évident que la totalité de nos politiques sont très en deçà de la chose, et que seul les techno fascismes à l’œuvre vont offrir les visions d’avenir à des humains abrutis, et imbéciles, qui croient en l’électricité verte, et aux barrages contre le pacifique. Nos positions de résistants sont désormais urgentes et sans concessions. 

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