le lieu culturel qui se construit avec ceux qui sont là
Pour tous ce stage a ouvert une nouvelle ère à l'Agrithéâtre. Celle de continuer le projet de lieu de recherche et d'exploration, en mêlant deux styles, plutôt que visions, au travers de deux personnalités. Sisqueille et Pérez. L'un, Sisqueille, s'attachant surtout à interroger le "mouvement", pour toujours quitter l'occidentalité de nos corps contraints par la technique, la machine, l'éducation, l'angoisse de soi, ce soucis assez naïf, voire idiot, de vouloir représenter alors qu'il s'agit de laisser aller le ressentit, et non de tenter de paraître. L'autre Pérez, fusionnel avec le texte, comme un manteau d'arlequin épousant Hamlet dans sa détresse existentielle, sa dette devenant celle du père, la femme encore victime du pouvoir patriarchal, nous faisant tous complices de ce Shakespeare, ou plutôt de sa modernité, de sa lucidité terrible quant à nos devenirs. Un Sisqueille travaillant désormais à l'économie, laissant à l'acteur le soin de chercher, de se perdre, et tant pis s'il ne comprend pas, il y a un temps pour cela et nous devons tous le prendre, et un Pérez passionné, ne lâchant aucun mot, aucune trope, jusqu'à faire surgir nos places dans l'espace du plateau, nos regards, une exigence vis à vis de nous même. Bref, produisant ensemble un véritable travail autour de l'acteur de théâtre, pour nous l'espérons tous, poursuivre la rencontre dans une façon vrai de faire du théâtre populaire qui nous élève, et non ces trucs appris vite fait qui rassurent nos corps modernes de culturistes du semblant.
Merci aux participants, à tous, pour leur passions, leurs présences entières, et à ces deux complices amoureux de cet art qu'est le théâtre. Merci encore à Shakespeare pour sa lucidité politique.
Aucune photos, seul le souvenir de ces deux jours reste.