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le lieu culturel qui se construit avec ceux qui sont là

Ceci est encore du théâtre, qui pose la question de son désir au spectateur

Beaucoup d'entre vous, nos adhérents, s'interrogent sur notre silence. "Quand allez vous rejouer ?". Qu'ils se rassurent, nous allons jouer en Avril 2027, canicule oblige. Avec des rencontres très riches, des spectacles nouveaux, et ce blog, je le rappelle, vous tient au courant de nos travaux, de notre progression, de nos hésitations. Je rappelle aussi que les répétitions sont publiques, moyennant de prévenir avant. 

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Notre époque a besoin de réflexions !

L’art souvent se penche sur lui, de Magritte à Velasquez, de Satie à Boulez, d’une pipe qui n’en est pas une à un marteau sans maitre, d’un tableau d’où surgit le peintre à une insulte au public et autres textes de Peter Handke, l’art qu’il soit peinture musique écriture, s’interroge sur son existence et interroge le regardeur.  De même l’homme s’interroge sur son être, pourquoi sommes nous là, inventant des Dieux, des mystères, des kabbales, des récits de mythes, l’homme s’invente dans une profusion de fantaisie, avec le danger de se prendre au piège de sa créativité. Il en fait trop. Le fou du roi Lear avertit bien son Roi, que sa folie va lui coûter l’esprit, la raison. La raison du fou avertit le pouvoir aveugle.

Enjoy some Damn Fine Art : Diego Velázquez. The Ladies in Waiting (‘Las ...

Mais aujourd’hui les rois et les bouffons se confondent dans des représentations grotesques du monde, des farces.  Conquérir le Groenland est une farce mais l’envisager n’est pas plus ridicule que de déverser du napalm pour brûler des communistes Vietnamiens. Le monde devient une partie de Clowns jouant de fait la partition de leurs prédécesseurs. Et tous de s’indigner dans une hypocrisie magnifique.  La raison, si tant est que ce concept existe, se perd. Elle se fond en bouffonnerie, mais ne l’a-t-elle toujours pas été, cette bouffonnerie conceptuelle, dogmatique, métaphysique ?

Quand l’art interroge l’art, il interroge cette raison dans sa bouffonnerie, et notre travail cette année est justement une interrogation sur le théâtre, sur la représentation, le quatrième mur, l’écriture, l’image , la parole même. Au moment où le théâtre subventionné par l’action d’un Ministère de la Culture, prive de subventions les petites structures et quelques artisans de cet art qui œuvrent avec des moyens de fortune à continuer un travail disons populaire, ceci afin d'économiser pour payer LA DETTE, le pouvoir construit de fait un art théâtral ultra libéral, fait par des ouvriers privilégiés dans des théâtres d’états, privant les théâtres municipaux de l’intermittences de ses agents, leur rendant la tâche complexe. Une certaine privatisation de la culture est à l'oeuvre, après celle des médias. S’interroger sur notre statut de spectateurs devient urgent, car le pouvoir produit de la distraction à bas prix, et de la désinformation, par crainte que se constitue des moyens de résistances à son entreprise de liquidation de notre humanité. Au nom d'un "devenir machine" promettant un progrès dans la domination de la nature. 

Quel est l'objet ? 

Un jeune cinéasde tente de saisir une ultime parole de sa mère près de sa fin. Le processus de création de l’œuvre, de son écriture à sa réalisation, est ainsi passé au crible de ses arcanes, sorte de scanner du processus, dont le spectateur va se faire l’interprète, l’herméneute. Au risque bien sûr de se piéger à la passivité de son habitude de spectateur. L’auteur a, jusqu’au bout, son mot à dire, ou plutôt à écrire afin qu’il soit parlé, vocalisé, retournant à l’invisible de l’audible, paradoxalement par la présence incarné par l’acteur. Et le visible du coup que devient il ? Il devient alors cinéma, à son tour muet,  en ses images, dans ce devenir mort qu’est l’écrit dans sa volonté d’éternité. Notre travail sera ainsi un résultat théorique, mis en acte de nos réflexions sur l’art du théâtre, mais restera un acte théâtral avec comme sous titre : ceci est encore du théâtre, qui pose la question de son désir au spectateur. Poser la question du désir de l’humanité telle est notre propos. Le théâtre a désormais besoin de trouver un axe pour survivre et des artisans pour en édifier la direction. Nous en tentons la chose, en toute modestie.

Benjamin Sisqueille

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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