le lieu culturel qui se construit avec ceux qui sont là
Une très grande confusion règne au siècle où nous sommes. Nous interprétons l’époque à l’aune de raisons, qui, comme dirait Leibnitz, ne sont pas suffisantes. Platon nous prévient : dans l'oligarchie, les pauvres vont se révolter contre les riches et construire un régime démocratique qui promeut le pouvoir de faire ce que l'on veut. Mais la liberté et l'égalité amèneront l'agitation, les enfants ne respecteront plus leurs parents, et les paresseux et les profiteurs apparaîtront, et enfin l'anarchie qui favorisera le tyran qui se présentera comme un protecteur. La conclusion de Socrate est qu'en raison de l'impulsivité de l'âme humaine et de la corruption, l'intervention du philosophe est nécessaire.
Déjà nous sommes prévenus, mais au-delà de cette vision ancienne et pourtant si actuelle, le monde du XXI° siècle n’est plus celui de la Grèce antique. La question de la foi et du savoir reste entière. Et si nous nous penchons avec précision sur la question du savoir, ce que nous savons désormais s’extrait des croyances anciennes. Les fameuses blessures narcissiques, de Galilée à Freud, seront bientôt dépassées, si elles ne le sont déjà, par les avancées, de cette vision quantique qui modèle déjà notre monde. Mais les futures « machines à calculer l’Avenir », nécessitent des quantités d’énergies énormes pour fonctionner ; et qu’à cela ne tienne, les centrales à fission, vont nous concocter de quoi flirter avec l’énergie éternelle de petits soleils domestiques. Il semble que les oligarques alliés des politiques sans consciences préparent la diaspora vers les étoiles de l’espèce humaine. Le chantier de ce projet expansionniste, dont on ne peut douter vu les affirmations et les destructions du contrat social à l’œuvre ainsi que l’acharnement des politiques sur les questions énergétiques alors que la vrai question est climatique, ce chantier est en cours. Il est, semble t il, la conséquence cohérente d’une évolution humaine.
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On pourrait penser que ce constat n’est que l’effet de la masse d’informations désormais à l’œuvre, articulant découvertes scientifiques, destructions des organisations des nations entre elles, ravages de plus en plus présents du déréglement climatique, avènement de l’IA, comme d’un messie réparateur de nos erreurs, affolement d’une violence entre les politiques accrochés à leurs idéologies, questions sexuelles complexes donnant lieu à des idéologies et certitudes diverses, bref une masse informe, mais en réalité très finement liée, d’annonces indiquant un disfonctionnement très radical de nos façons de vivre et de penser. Il s’agit ni plus ni moins que l’effondrement du projet « humain ». A moins que.
A moins qu’effectivement, le pari de suppression d’une partie inutile et coûteuse de l’humanité, projet à l’œuvre et indispensable à ce fameux changement de paradigme, ne permette de cibler une mise à disposition totale des ressources terrestres pour effectivement quitter progressivement une planète devenue inhospitalière afin d’essaimer dans l’univers, sous une forme machine rendue éternelle, s’auto générant, pouvant occuper l’espace suivant un fantasme absolue, celui de la science devenue Dieu. Cette prospective n’est pas à exclure, il s’agit d’un pari Pascalien qui contient néanmoins une contradiction : parier sur le matériel immanent pour en faire une transcendance, Voilà qui, au vu de ce qui a constitué l’humanité ne peut qu’échouer, car la mort étant ce qui nourri la vie, vouloir s’en extraire c’est par définition oublier de s’y résoudre, non de s’y résigner. Et de se retrouver ainsi dans la destruction du monde lui-même.
Repenser la guerre et la violence à l’aune de la nature, peut être relire Bataille, Georges, éventuellement Lévinas, avec sa totalité et son infini. Je reste profondément convaincu d’un effondrement du monde en cours, définitif ne vous déplaise.
Quelques bricoles peuvent subsister un temps, et produire des choses, qui sait.
Des monstres.