Je suis bien mal placé pour critiquer ou faire l'éloge d'un spectacle de ma facture. J'en puis toutefois, de mon point de vue, celui de l'artisan qui a façonné l'objet, depuis l'écriture jusqu'aux lumières, en passant par peut être une direction d'acteurs, dire des choses. Notamment que le texte, dense et poétique, demande peut être une pratique de lecteur, ou une habitude de spectateur. Et l'on va très vite à qualifier l'objet d'élitiste, ou alors d'en dire que ce n'est pas du théâtre, ce qui est franchement stupide. Je dirai plutôt que dans l'enthousiasme des acteurs à jouer un objet qui a mis deux ans à se rendre public, une certaine hâte, une certaine nervosité à maintenir le rythme, à jouer tout simplement, leur ont fait manquer de nuances et de pauses nécessaires au public. L'ensemble s'il est très fluide manque de couleurs vocales, et de finesses par endroit, qui si elles sont dans le texte en soi, ne sont pas encore dans la "bouche" des acteurs. Ce travail reste à faire. Mais l'ensemble me semble emporter ceux qui se laissent bercer par la lumière, le son, la couleur, la musique, la violence. Et le texte pour ceux qui l'écoutent. La quête des deux Europes reste très lisible et le travail du choeur remarquable ( et remarqué).
Si l'on se fie aux commentaires des spectateurs lors d'un spectacle on passe vite d'une chose à son contraire, et je constate que bien souvent, le spectateur s'attend à, au lieu d'être surpris par. Et l'auteur, lui, voit bien alors tout le travail à faire, comme le disait si bien Peter Brook à chaque première : "Et maintenant il reste un énorme travail à faire"
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